L’exposition du cheval au stress

L’exposition du cheval au stress

Eviter d’exposer un cheval au stress, c’est s’empêcher d’aider le cheval à se développer, c’est donc éviter l’entraînement.

Le cerveau du cheval fonctionne mieux quand ses émotions sont calmes. Le cheval sera plus capable d’utiliser ses compétences à solutionner un problème qui s’offre à lui s’il ne ressent pas le besoin de sauver sa vie. Les émotions qui accompagnent son besoin de survie en tant qu’animal de proie l’empêchent définitivement de pouvoir sainement réfléchir, et surtout d’apprendre d’une situation où l’on utilise le stress, la fuite notamment, pour que le cheval agisse.

C’est un sujet complexe de psychologie que nous allons développer ici, et je vois déjà tous les “oui, mais moi mon cheval …” qui apparaissent.Par nature, tout ce qui confronte le cheval à un challenge crée l’effet opposé du calme et de la relaxation, que cela soit du simple fait de donner les pieds ou de choisir de mettre sa tête dans le licol. Par définition, toute chose ou situation qui crée de l’inquiétude et du stress chez le cheval est un challenge.Mais challenge ne doit pas être synonyme de mauvais. Les challenges ce sont les apprentissages, et donc c’est la vie elle-même. Ils sont nécessaires pour être préparé au mieux à ce qui va obligatoirement se présenter à nous un jour où l’autre. Et relever un défi, un problème, un challenge, ou peu importe le nom à lui donner, est une source de motivation pour apprendre.

Un cheval qui apprend à ajuster son comportement, ses émotions et chercher une solution quand il ressent du stress et de l’anxiété arriver, est un cheval qui aura la capacité autonome à rechercher sécurité et confort et développer de nouvelles compétences mentales et émotionnelles dans notre monde d’humains. Et donc par projection dans son pré. En tant que proie, les chevaux ont une faculté d’adaptation et une vitesse d’apprentissage impressionnants. C’est ainsi que l’on entend ces histoires incroyables d’évolution de chevaux dangereux pour X ou Y problème, et qui ont développé des facultés physiques et psychologiques pour une carrière sportive ou de spectacle ou d’enseignement, plutôt que de suivre ses habitudes comportementales innées de proie.On ne pourra jamais protéger nos chevaux afin qu’ils ne subissent jamais aucune pression physique et/ou mentale, mais on peut les aider à apprendre et utiliser des stratégies qui rendent la vie plus facile.

Venons-en au fait !

De plus en plus le bien être animal fait partie du quotidien et doit être une priorité. Les entraîneurs ont donc réfléchi à des stratégies montrant comment calmer un cheval et comment le décontracter en retirant la pression. C’est le principe du renforcement négatif où on retire la pression … mais attention au QUAND et COMMENT.

Premier exemple :Un cheval qui s’agite et stresse à l’utilisation de la rêne directe pour tourner. Le cheval commence à secouer vigoureusement la tête et fait mine de monter son dos, fouaille de la queue en cherchant des stratégies qui vraisemblablement lui ont déjà permis de retirer la pression. L’entraîneur propose alors que le cavalier laisse le cheval se promener partout où il souhaiterait et le bénéfice est clair et rapide, le cheval se promène à présent dans la carrière de manière bien plus décontracté. Retrait de la pression = cheval décontracté.

Est-ce que le cheval a appris quelque chose ? Oui : à obtenir que son cavalier retire la pression d’utilisation de sa rêne interne en devenant menaçant.Est-ce que le cheval a appris à trouver sécurité, confort et leadership dans l’utilisation de la rêne interne ? Non.Deuxième exemple :Un cheval qui n’embarque pas dans le van. De nombreuses stratégies sont essayées mais sans succès et un ami au propriétaire lui propose de mettre le cheval dans son petit camion VL pour rentrer du concours. Le cheval monte tant bien que mal dans le camion et le propriétaire revend son van. Quelques mois plus tard, le même cheval sur le terrain ne veut plus embarquer dans le VL. Une autre personne propose au propriétaire de ramener le cheval dans son PL. Je vous laisse imaginer la suite de l’histoire …Est-ce que le cheval a appris quelque chose ? Oui, il choisit exactement où lui veut aller. C’est lui qui décide où se déplacer dans son environnement.Est-ce que le problème est le van ? Clairement non !

Troisième exemple :Une jument de reining ne supporte plus qu’on lui touche la nuque et les oreilles. Après examens complémentaires vétérinaire, dentiste et ostéopathe, il s’avère que tout est normal sur ces zones. La jument est conduite en main avec un collier d’encolure, et montée avec une bride à têtière déportée puis avec une bride sans montants. De l’aide est demandée car à présent brider ou licoler la jument est impossible et la moindre pression crée des mouvements de tête ou cabrés de défense.Ici encore des solutions ont été proposées à visée d’évitement du comportement, mais la cause et l’éducation du comportement n’étant pas ciblés, le problème se transfère à d’autres situations et/ou s’aggrave au point d’en devenir dangereux.Les exemples sont multiples.
Et puis d’un autre côté, il y a les propriétaires qui vous appellent pour un problème X ou un apprentissage (ex : je voudrais monter en cordelette, ou je voudrais avoir un cheval avec les oreilles en avant en liberté et une tête plus aimables, etc.), et qui ma foi ne rencontrent pas spécialement de conflits directs.

Or, nous avons vu plus haut que tant que le cheval est dans ses petites habitudes, à pouvoir bouger son humain comme il veut, ou à choisir finalement quel film on ira voir ensemble, ou quel plat je dois manger au restaurant ^^ Ce sont des chevaux plutôt bien dans leur tête et leur environnement, qui ont trouvé où et comment obtenir le confort qui leur va, et surtout, ne pas trop lâcher de leadership ! En soit je suis d’accord rien de bien dramatique, sauf que au moment même où on va commencer à bousculer tout cela, afin de rétablir à 50/50 l’équilibre entre relation et partenariat, là d’un seul coup le “gentil cheval”, ou le “ahh il est bien brave celui-là”, devient un lion toutes dents et sabots dehors, ou à l’inverse le cabri apeuré prêt à détaler en arrachant la corde.
“Mais je vous assuuuuuure, avec moi il ne fait JAMAIS ça !” Oui je veux bien vous croire, tant que c’est lui/elle qui a le dernier mot … sur tout … tout le temps. Hi hi !Mais cela ne dure pas longtemps heureusement grâce au programme, et au fait qu’offrir à un cheval ce dont il a besoin crée alors des changements d’attitude et de communication vraiment impressionnants.

Quel que soit l’entraînement proposé au cheval, nous serons confrontés à des situations qui créeront une forme de stress. Or apprendre à développer l’approche-retrait, lire le feedback du cheval quand l’anxiété monte un cran trop haut, développer notre ressenti pour aider le cheval à trouver avec nous Sécurité, Confort et Leadership est tout ce sur quoi repose le programme Parelli que nous suivons. En tant qu’humain il y a tellement à apprendre sur le savoir faire et le savoir être avec les chevaux. Toutes les clés sont là !Il n’existe que 3 grandes CAUSES sur TOUS les problèmes que nous pouvons avoir avec les chevaux :- PEUR (on rentre tous les phénomènes douloureux aussi dans ce groupe)- CONFUSION- LEADERSHIPIl existe 3 grands BESOINS pour les chevaux en fonction du problème rencontré, mais aussi dans leur vie de tous les jours à chaque instant :- SECURITE- CONFORT- LEADERSHIP (que l’on traduit par JEU, à savoir chez les chevaux, qui fait bouger qui)Et pour finir il sera amusant de constater que ces 3 grands BESOINS, sont les buts apportés par les 3 premiers JEUX PARELLI :- JEU DE L’AMITIE

  1. Pour le cheval : apprendre à exprimer de la décontraction pour gérer son environnement
  2. Pour l’humain : apprendre la lecture corporelle dans l’approche-retrait

– JEU DU PORC EPIC

  1. Pour le cheval : apprendre à céder à la plus fine pression physique pour gagner son retrait et donc le confort
  2. Pour l’humain : apprendre le focus et le tact

– JEU DE LA CONDUITE

  1. Pour le cheval : apprendre à se laisser guider à distance
  2. Pour l’humain : apprendre l’énergie corporelle rythmique pour indiquer une direction à suivre

Par où on commence ? Avec ce livre, avec un instructeur, et avec le SAVVY CLUB. C’est une mine d’or, tout y est.

N’hésitez pas à poser vos questions, remarques, problématiques en commentaires. Sarah Fricoteaux

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