Savez-vous “POURQUOI” ?

Savez-vous “POURQUOI” ?

Parce que tout devrait avoir sa raison d’être …

Voici un sujet intéressant, et qui est rarement développé ou détaillé, alors développons :

1) Quand le “comment”, prend la place du “pourquoi”

Grâce à internet, le nombre de formations, de méthodes, de matériels, de modes, de techniques, etc. se multiplie dans le monde équestre (et pas que), et permet en deux clics d’avoir accès à une quantité d’information impressionnante. Quelques balades sur les réseaux sociaux et chaînes vidéos, et nous voilà virtuose en “comment obtenir” piaffer, coucher, cabré, ou “quel onguent à paillettes je pourrais mettre demain pour assortir à mon dernier tapis bleu canard pétrole turquoise effet délavé ^^”.

C’est fun, accessible, gratuit, et ça marche … pas toujours … et pas sans conséquences …

Alors demain je ferai le programme d’éducation Russe, puis si ça ne marche pas je le combinerai à la méthode Grecque et hop un peu de magic stick, et je pourrai enfin cocher “Epaule en dedans” en freestyle papillon sur ma check list. Puis à la fin du mois il y a ce stage “Liberty bisounours” pas loin de chez moi donc on ira avec Pompom, et la semaine suivante c’est cours de dressage méthode X où normalement on devrait apprendre la pirouette…Et puis si les jarrets de Pompom fatiguent et qu’il est usé prématurément, bah c’est pas grave, y’aura bien une cagnotte pour m’aider à le réparer …

2) La check liste du Fait/Pas fait

A croire que nous vivons avec nos chevaux uniquement pour remplir cette fameuse liste qui devient un gros pèle mêle de choses à accomplir. On met tout dedans, de la jambette à la monte en cordelette, de l’appuyer au saut de l’oxer à 120 à cru … Et tout est comme ça, même en centre équestre ou en centre de formation professionnelle, les élèves apprennent a, b, c, d, e. Dans quel ordre, quelle progression, comment ? La pléthore d’informations nous offrent variétés et motivations au détriment du bon sens et de la connaissance véritable du cheval, des techniques et des publics. Je suis passée par là, nous sommes tous passés par là. Vouloir ressentir prématurément un cheval qui danse en switchant le cheminement de développement mental, physique et émotionnel. C’est la loi des trois T : TOUT, TOUT DE SUITE, TROP VITE !Cela se transforme en empilement d’exercices et de postures qui n’ont plus grand sens aux yeux du cavalier et même du cheval. Ils ne savent plus ce qui est vraiment acquis, ce qui ne l’est pas, ce dont ils ont vraiment besoin, et restent bloqués là où ils en sont, à la recherche du prochain “truc” à faire.

3) Savez-vous POURQUOI ?? vous faites cela ?

Ce n’est ni mal ni mauvais de suivre un programme ou une check liste … ou alors il faudrait que je revois intégralement ma façon d’apprendre et d’enseigner en m’inspirant du programme Parelli ^^ Avoir des buts et des objectifs sont source de motivation, de développement et de progression sans fin. Mais il faut savoir Pourquoi !Or il est bien rare en carrière, entre deux exercices, deux figures, d’entendre le prof demander à ses élèves : A quoi cela sert-il ? Quel est l’intérêt pour votre cheval ? Quel est l’intérêt pour vous ? Pourquoi demander les choses comme cela ?

Faute de temps, moment approprié ou non pour inclure de la théorie, faute de formation du professionnel, faute de conception de la séance ?Les moments de théorie font partie des cours, et pour intégrer encore mieux tout ce que l’on vit physiquement, les sessions de théorie pure ou les soirées à thème sur un sujet à développer, sont des moments riches pour comprendre le pourquoi de nombreuses choses. Est-ce qu’en tant qu’élève on se pose nous même la question du “POURQUOI” dans ce que l’on apprend ? A t’on seulement appris à le faire …

  • Pourquoi nourrissez-vous 10 fois ou 2 fois votre cheval ?
  • Pourquoi avez-vous acheté CETTE sangle ?
  • Pourquoi vous avez arrêté votre séance là maintenant ?
  • Pourquoi je demande mon départ au galop de cette manière ?
  • Pourquoi je pratique CETTE discipline plutôt qu’une autre ?

4) Donnons du sens à ce que l’on fait … et votre cheminement n’en sera que plus clair pour vous et votre cheval

C’est bien parce que les choses ont du sens, qu’elles ont lieu d’être. Il faut être honnête avec soi-même, et déjà commencer par : Pourquoi passez-vous du temps avec les chevaux ? Pourquoi montez-vous à cheval ? Cela peut paraître très simple comme question, et pour beaucoup la réponse viendra vite telle que “parce que je les aime”, “parce qu’ils me font rêver”, “parce qu’ils me procurent des sensations inimaginables”, etc.

Mais pour nombre d’entre vous également la réponse ne sera finalement peut-être pas si évidente … “Je suis né dans une famille qui avait des chevaux”, “On a toujours fait ça”, “C’est comme ça que ça marche”, “C’est pas terrible comme système, mais ça passe …”Dans le programme Parelli, il n’y a pas de question sans réponse et tout apprentissage prend son sens et sa raison d’être, pour l’humain, pour le cheval ou pour les deux en même temps. Posez-vous (ou posez-nous) la question lorsque vous demandez quelque chose à votre cheval, pourquoi vous le faites ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi de cette façon ? Si vous ne donnez pas de sens à l’exercice que vous êtes en train de faire, il peut y avoir deux raisons :

  • Soit vous n’avez pas compris le but, auquel cas il faut le clarifier avant de vous lancer, et vous ne saurez pas quoi chercher à obtenir, quoi ressentir, etc. Alors imaginez pour votre cheval !!!
  • Soit c’est quelque chose d’inutile pour vous et/ou pour votre cheval, auquel cas ce n’est pas la peine de le pratiquer … ou de vouloir le pratiquer à tous prix

5) Le besoin de se justifier ?

Quels que soient nos choix autour, avec et pour nos chevaux, notre façon de faire, notre manière d’être, etc. tout peut amener à questionnements, voir critiques. J’insiste sur ce sujet qui semble toucher beaucoup de monde. Quand il y a des critiques c’est que “vous êtes différent, inconnu, imprévisible et non contrôlable (ou manipulable)”. Et la différence (ou la liberté ^^) suscite de la peur … ou encore de l’émerveillement … Or les émotions ne sont pas facilement identifiables pour tous donc il n’est peut-être pas nécessaire de gaspiller de l’énergie à y prêter de l’attention. Sauf si la critique devient curiosité et questionnements ! Bravo à vous de l’avoir suscité !Sachez pourquoi vous faites les choses. Pourquoi elles ont du sens pour vous et pour votre cheval. C’est parce que vous avez ces réponses que vous pourrez expliquer et donner des réponses aux questionnements. Et non pas vous justifier ! Vous ne devez rien à personne tant que vous faites en connaissance de cause pour vous et POUR respecter les besoins de votre cheval.

“Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.” Nicolas Boileau

Vous êtes en chemin, en plein tâtillonnement, en plein apprentissage et vous sentez que vous êtes sur la bonne voie, mais vous manquez de mots pour expliquer ? C’est normal, et si vous n’avez pas de réponse maintenant à une question, alors vous pouvez dire “Merci pour cette question, je n’ai pas de réponse à t’apporter pour le moment, mais je vais me renseigner et je tâcherai de pouvoir mieux t’expliquer la prochaine fois.”Nous sommes tous sensibles à ce type de cheminement. C’est humain et naturel de se poser des questions, d’être curieux et de vouloir en apprendre davantage. C’est peut-être très candide de ma part, mais je n’y vois aucune malveillance, peut-être de la méfiance ou la peur de l’inconnu ?Si vous savez pourquoi, vous n’aurez jamais le sentiment de devoir vous justifier, mais seulement expliquer. Et parce que vous saurez expliquer, alors les choses seront claires pour vous, vous savez où vous en êtes, où vous allez, et comment vous y allez. Alors bonne continuation !

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